Apparu en 1858, le terme de Kulturkampf ("combat pour la civilisation") fut utilisé à titre polémique devant le Parlement de Prusse par le Berlinois Rudolf Virchow, pathologiste et député national-libéral, pour désigner le conflit religieux et politique qui opposa, après la fondation de l'Empire d'Allemagne (1871), l'Etat bismarckien à l'Eglise catholique et au parti du Centre. Le mot s'est imposé dans la terminologie historique, non seulement en allemand, mais aussi dans d'autres langues, dont le français et l'italien.
Dans la seconde moitié du XIXe s., la plupart des pays européens ont connu, dans le cadre du processus de déchristianisation de l'Etat et de la société civile accompagnant la modernisation, une crise que l'on nomme Kulturkampf. Pour les nouveaux Etats-nations, l'enjeu était de parvenir à s'émanciper des liens entretenus depuis des siècles entre l'Eglise et le pouvoir. Il fallait redéfinir les rapports entre Eglise et Etat, en allant vers une réduction de l'influence de l'Eglise sur la société. Au sens étroit, le Kulturkampf, que l'historien zurichois Peter Stadler a appelé "querelle des investitures du XIXe s.", est un conflit religieux et culturel entre l'Eglise catholique et le catholicisme politique d'une part, l'Etat post-absolutiste et le libéralisme anticlérical de l'autre.
Auteur(e): Franz Xaver Bischof / PM
1 - Les prémicesAuteur(e): Franz Xaver Bischof / PM