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Stations littorales

 Stations palafittiques

Les stations littorales préhistoriques constituent un type d’habitat particulier, essentiellement en fonction des conditions environnementales de leur établissement et de leur conservation. Elles sont aussi appelées stations palafittiques ou palafittes, de l’italien pali (pieux) et fittare (planter).

Ce type d’installation est connu dès le Néolithique moyen, vers 4500 av. J.-C., pour disparaître presque complètement à la fin de l’âge du Bronze, entre 850 et 800 av. J.-C. Il est présent sur les rives des lacs et des marais autour des Alpes (Allemagne, Autriche, France, Italie, Slovénie et Suisse). Le plus grand nombre de stations littorales se trouve en Suisse, principalement sur le Plateau. On en connaît également dans les régions préalpines (lac des Quatre-Cantons, lac de Thoune). Quant au Tessin, les trouvailles faites jusqu’à présent ne permettent pas de tirer de conclusion définitive sur leur existence dans cette région.  

Deux vues aériennes des pilotis de la station littorale de Chabrey-Pointe de Montbec I, dans la commune vaudoise de Vully-les-Lacs, sur la rive sud du lac de Neuchâtel. Photographies, 2 avril 2011 (Forces aériennes suisses, Payerne; photographies major Aldo Wicki).
Deux vues aériennes des pilotis de la station littorale de Chabrey-Pointe de Montbec I, dans la commune vaudoise de Vully-les-Lacs, sur la rive sud du lac de Neuchâtel. Photographies, 2 avril 2011 (Forces aériennes suisses, Payerne; photographies major Aldo Wicki). […]

Contrairement à ce que pensaient les archéologues du XIXe et du début du XXe siècle, ces villages appartiennent aux mêmes cultures du Néolithique et de l’âge du Bronze que celles qui ont établi leurs habitats sur des terrains secs ou éloignés des lacs.

Découverte et interprétations anciennes

Création de l’image des "stations lacustres" par Ferdinand Keller. En haut: Village de Kouaouï au hâvre Dorey (Nouvelle Guinée), dessin par Louis Auguste de Sainson, lithographie publiée dans l’ouvrage de Jules Dumont d’Urville, Voyage de la Corvette l’Astrolabe, exécuté par ordre du Roi pendant les années 1826-1829, 1830-1833 (New York Public Library Digital Collections). En bas: Représentation de la station d’Obermeilen par Ferdinand Keller parue dans "Die keltischen Pfahlbauten in den Schweizerseen", in: Mitteilungen der Antiquarischen Gesellschaft in Zürich, 9/2.3, 1853-1856, planche 1/figure 4 (ETH-Bibliothek Zürich, Rar 9180, e-rara.ch, DOI: 10.3931/e-rara-49149).
Création de l’image des "stations lacustres" par Ferdinand Keller. En haut: Village de Kouaouï au hâvre Dorey (Nouvelle Guinée), dessin par Louis Auguste de Sainson, lithographie publiée dans l’ouvrage de Jules Dumont d’Urville, Voyage de la Corvette l’Astrolabe, exécuté par ordre du Roi pendant les années 1826-1829, 1830-1833 (New York Public Library Digital Collections). En bas: Représentation de la station d’Obermeilen par Ferdinand Keller parue dans "Die keltischen Pfahlbauten in den Schweizerseen", in: Mitteilungen der Antiquarischen Gesellschaft in Zürich, 9/2.3, 1853-1856, planche 1/figure 4 (ETH-Bibliothek Zürich, Rar 9180, e-rara.ch, DOI: 10.3931/e-rara-49149). […]

La découverte historique des stations littorales, anciennement nommées "cités lacustres" ou "stations lacustres", survint au cours de l’hiver 1853-1854 dans le lac de Zurich. Cette année-là, une sécheresse exceptionnelle provoqua l’abaissement du niveau des eaux de la plupart des lacs autour des Alpes. C’est alors que furent mis au jour des pieux de chêne plantés dans la vase des rives émergées, accompagnés d’objets archéologiques identifiés comme antéromains. Ferdinand Keller, président de la Société des antiquaires de Zurich, appelé sur le site de Meilen sur la rive droite du lac de Zurich, interpréta les pieux et les objets néolithiques découverts comme étant les restes d’un ancien village construit sur une plateforme au-dessus des eaux. Cette image s’inspirait des gravures représentant des villages lacustres d’Indonésie, publiées peu auparavant à la suite de l’expédition de l’explorateur français Jules Dumont d'Urville en Océanie. L'interprétation de Keller fit naître le mythe des "stations lacustres" et des "Lacustres", en réponse avec la recherche d’ancêtres identitaires qui accompagna la création de l’Etat fédéral de 1848. Le mythe allait s’inscrire pour longtemps dans l’imaginaire de la préhistoire suisse. Les "Lacustres" furent alors opposés aux "Terrestres", supposés appartenir à des populations moins développées et souvent belliqueuses. Aujourd’hui, cette interprétation est totalement rejetée, mais il en subsiste encore des traces dans l’inconscient du public.

Dès leur découverte, plusieurs chercheurs se passionnèrent pour ces villages engloutis pleins de mystères. A la suite de Keller, Frédéric Troyon fut le premier en Suisse occidentale à rechercher de tels vestiges dans le Léman et le lac de Neuchâtel. Dans celui-ci, ce fut ensuite Edouard Desor qui popularisa les "stations lacustres". Un peu plus tard, Paul Vouga proposa la première chronologie du "Néolithique lacustre", basée sur des observations stratigraphiques rigoureuses. En Suisse orientale, le fermier Jakob Messikommer découvrit et explora le site de Wetzikon-Robenhausen, station de marais des bords du lac de Pfäffikon, qu’il rendit célèbre. François-Alphonse Forel proposa une synthèse originale sur les palafittes du Léman dans sa monographie en trois volumes consacrée à ce lac (1892, 1896 et 1904). Enfin, la problématique des "Lacustres" et des "Terrestres" fut discutée et critiquée par Emil Vogt en 1955.

Caractéristiques des stations littorales

La particularité des villages palafittiques réside dans leur adaptation à des périodes de sécheresse relative. Lors de ces phases de régression des eaux, les terrasses littorales des lacs autour des Alpes émergeaient et devenaient ainsi propices à l’implantation d’habitats, à proximité des réserves d’eaux permanentes. L’évolution du climat général, pendant près de quatre millénaires avec des alternances de périodes humides ou plus sèches, est donc à l’origine des stations littorales, établies dans des terrains temporairement exondés. Cette situation n’empêchait pas certains habitats contemporains d’être encore occupés sur des terrains plus élevés.

La différence entre les habitats terrestres et littoraux repose principalement sur la conservation exceptionnelle des vestiges organiques dans les sédiments lacustres ou marécageux. Cette préservation permet de retrouver des objets en bois, des vanneries ou des textiles et autorise des datations très précises des structures architecturales grâce à la dendrochronologie.

Historique des interprétations des palafittes. Source et Infographie: Pierre Corboud, Université de Genève, 2019.
Historique des interprétations des palafittes. Source et Infographie: Pierre Corboud, Université de Genève, 2019. […]

Dans les stations littorales étudiées, la diversité des matériaux, structures et objets en matière organique récoltés permet une approche de l’organisation des villages ainsi que du mode de vie et des activités domestiques de leurs habitants. Les maisons, dont les planchers devaient pour la plupart être surélevés afin de les mettre à l’abri des remontées saisonnières du niveau du lac, sont fréquemment limitées du côté lac par une palissade brise-vagues destinée à protéger le village lors des tempêtes. Parfois, une ou plusieurs palissades limitent l’habitat du côté de la terre. Sur certains sites, des chemins d’accès, en pieux et planches, ainsi que des chaussées en galets, relient le village à l’arrière-pays, pour traverser une zone plus instable ou marécageuse. Lorsque le niveau des eaux remonte durablement, à la suite d’une dégradation du climat, le village inondé est abandonné et déplacé sur un terrain plus élevé, les couches et les vestiges organiques sont protégés par l’eau et les limons lacustres, alors que s’ils étaient déposés en zone terrestre, ils disparaîtraient rapidement.

La surface d’un village lors d’une période d’occupation est difficile à estimer, compte tenu des déplacements successifs des habitations. Les exemples de sites étudiés et datés en totalité montrent des ensembles de maison contemporaines qui peuvent atteindre une extension de près d’un hectare, ce qui pourrait correspondre à quelques dizaines d’habitations.

Les agriculteurs-éleveurs du Néolithique et de l'âge du Bronze

Le mode de vie, la culture, la pensée et l’économie des habitants de ces villages devaient être très comparables à celles des villages construits au-dessus de la ligne de rivage. Les gens du Néolithique et de l’âge du Bronze vivaient avant tout de l’agriculture et de l’élevage (animaux domestiques). Ces activités fournissaient la plus grande part de leur alimentation, complétée par les produits de la chasse et de la cueillette. La pêche était aussi pratiquée, comme en témoignent les trouvailles de hameçons et de fragment de filets, mais les ressources du lac ne constituaient assurément qu’un complément.

Partie de la reconstitution de la fresque découverte sur la paroi intérieure d’une maison incendiée du village littoral de Ludwigshafen-Seehalde, sur la rive allemande du lac de Constance, culture du Pfyn ancien, vers 3860 av. J.-C. (Regierungspräsidium Stuttgart, Landesamt für Denkmalpflege; reconstitution numérique par Monika Erne d'après des modèles de Helmut Schlichtherle et Manuela Fischer, 2015).
Partie de la reconstitution de la fresque découverte sur la paroi intérieure d’une maison incendiée du village littoral de Ludwigshafen-Seehalde, sur la rive allemande du lac de Constance, culture du Pfyn ancien, vers 3860 av. J.-C. (Regierungspräsidium Stuttgart, Landesamt für Denkmalpflege; reconstitution numérique par Monika Erne d'après des modèles de Helmut Schlichtherle et Manuela Fischer, 2015). […]

A quelques exceptions, le monde symbolique et funéraire est mal représenté dans les villages palafittiques. Des exceptions sont toutefois à signaler, par exemple des représentations féminines symboliques sur les parois de maisons dans des sites néolithiques de la rive nord (allemande) du lac de Constance, des dépôts votifs d’objets de parure en bronze dans des villages littoraux du Bronze final ou encore des objets en céramique, qualifiés d’autels domestiques dans des habitats de cette même époque. Les tombes et les lieux de culte sont plutôt toujours établis en dehors des lieux de vie et sur des terrains à l’abri des transgressions lacustres. Cependant, il existe des sépultures et des sites cultuels proches des établissements littoraux qui peuvent être associés à ces villages, à l’instar des menhirs de la Promenade des Anglaises à Yverdon-les-Bains-Baie de Clendy.

Chronologie résumée

Les phases de bas niveaux des lacs et des marais, en relation avec les occupations littorales, ont persisté pendant quelques dizaines d’années ou quelques siècles. Fréquemment, plusieurs occupations se sont succédé au même emplacement; les vestiges de ces villages ne sont parfois séparés que par quelques centimètres de sable ou de limons lacustres.

Quatre périodes principales d’occupations littorales sont connues sur le Plateau suisse: le Néolithique moyen (4300-3400 av. J.-C.), le Néolithique final (3300-2450 av. J.-C.), l’âge du Bronze ancien (1810-1490 av. J.-C.) et l’âge du Bronze final (1080-850 av. J.-C.). Ces quatre périodes correspondent à des phases plus sèches avec des régressions lacustres prolongées, mais néanmoins interrompues par de brèves transgressions des plans d’eau.

La porte de Wetzikon-Robenhausen, dans le canton de Zurich, datée de 3700 av. J.-C. (Musée national suisse, A-432).
La porte de Wetzikon-Robenhausen, dans le canton de Zurich, datée de 3700 av. J.-C. (Musée national suisse, A-432). […]

Le Néolithique moyen comporte deux épisodes distincts, une phase ancienne appelée culture d’Egolzwil datée d’environ 4300 à 4100 av. J.-C., bien représentée sur le site éponyme d’Egolzwil 3 (tourbière de Wauwilermoos). Cette phase ancienne est aussi présente en Suisse occidentale, sous l’appellation Cortaillod ancien, mais elle est encore mal identifiée. Une phase plus récente s’étend de 3900 à 3400 av. J.-C. en relation avec la culture de Cortaillod classique en Suisse occidentale et celle de Pfyn en Suisse orientale, par exemple sur le site de Thayngen-Weier. Les sites les plus emblématique du Cortaillod classique sont celui de Twann-Tüscherz-Bahnhof (Douanne), dans le lac de Bienne, d’Auvernier-La Saunerie dans le lac de Neuchâtel et de Corsier-Port dans le Léman.

Le Néolithique final en milieu lacustre débute vers 3300 av. J.-C. avec la culture de Horgen, originaire de Suisse orientale. En Suisse occidentale, la diffusion de cette culture ne dépasse pas Yvonand, dans la partie ouest du lac de Neuchâtel (Yvonand-Le Marais). Néanmoins, des occupations contemporaines de cette phase sont connues plus à l’ouest, sans que le profil culturel ne soit identifié précisément. En Suisse orientale, la station de Zoug-Riedmatt est un des sites représentatifs de cette culture.

En Suisse occidentale, survient une rupture culturelle originaire du sud-ouest, vers 2950 av. J.-C. avec la culture de Lüscherz. Elle sera suivie par celle d’Auvernier-Cordé. Celle-ci intègre des éléments de la civilisation de la céramique cordée, qui se développe parallèlement en Suisse orientale et centrale (par exemple à Zoug-Oterswil-Insel Eielen). Plus à l’ouest, ce sont les sites de Sutz-Lattrigen-Rütte et de Lüscherz-Dorfstation qui sont caractéristiques de la culture de Lüscherz.

Les phases d’occupations palafittiques et les cultures du Néolithique à l’âge du Fer, en Suisse occidentale et orientale. Source: Corboud, Pierre; Schaeren, Gishan F.: Les palafittes suisses, 2017, p. 12. Infographie Pierre Corboud, Université Genève et DHS, 2019.
Les phases d’occupations palafittiques et les cultures du Néolithique à l’âge du Fer, en Suisse occidentale et orientale. Source: Corboud, Pierre; Schaeren, Gishan F.: Les palafittes suisses, 2017, p. 12. Infographie Pierre Corboud, Université Genève et DHS, 2019. […]

La transition entre le Campaniforme et l’âge du Bronze ancien, soit de 2400 à 1800 av. J.-C., correspond à une transgression généralisée des lacs du nord des Alpes, consécutive à une dégradation climatique. Aucun habitat littoral n’est connu pendant cette période, contrairement à des sites terrestres, souvent mal conservés. En revanche, dès 1800 av. J.-C. de nouveaux établissements sont installés sur les rives à nouveau émergées, en relation avec le Bronze ancien, parfois sur les mêmes emplacements que ceux abandonnés à la fin du Néolithique final. Il s’agit par exemple de l’établissement d’Arbon-Bleiche 2, sur les rives du lac de Constance, de Concise-Sous-Colachoz sur les bords du lac de Neuchâtel (Corcelles-près-Concise-Stations de Concise) et de Morges-Les Roseaux sur la rive nord du Léman. Cette phase est relativement brève, car les villages les plus récents ne dépassent pas environ 1500 av. J.-C. L’âge du Bronze moyen/récent n’a pas livré de restes de villages littoraux. La cause en est une nouvelle dégradation climatique qui provoque la remontée générale des lacs, entre 1500 et 1100 av. J.-C. environ, du moins au nord des Alpes.

Parmi les occupations littorales, la période la mieux conservée est certainement celle du Bronze final (sur le Plateau suisse, de 1080 à 850 av. J.-C.). Les vestiges de cette époque ont subi moins de transgressions lacustres, mais aussi la dimension des villages et la qualité de l’architecture des maisons ont facilité leur préservation jusqu’à nos jours. Le développement des outils en bronze est probablement responsable de l’exploitation accrue de la forêt et donc de l’agriculture. En Suisse orientale ce sont les sites de Zurich-Kleiner Hafner et de Zurich-Enge-Alpenquai qui sont les plus emblématiques, tandis que pour le lac de Neuchâtel les villages de Chabrey-Pointe de Montbec I et de Bevaix-L'Abbaye 2 montrent une ébauche de proto-urbanisme. Dans le Léman, le village de Versoix-Bourg occupe une surface de près de quatre hectares, avec un chemin de pieux et de galets qui le relie à la rive actuelle à travers une zone plus instable.

Fouilles préventives dans la station littorale de Grandson-Corcelettes-Les Pins datée du Néolithique final (culture de Lüscherz), en janvier 2018 (Archéologie cantonale, Lausanne; photographies Yves André).
Fouilles préventives dans la station littorale de Grandson-Corcelettes-Les Pins datée du Néolithique final (culture de Lüscherz), en janvier 2018 (Archéologie cantonale, Lausanne; photographies Yves André). […]

Patrimoine mondial et perspectives de recherche

S’ils représentent des sources de données exceptionnellement bien conservées sur les cultures du Néolithique et de l’âge du Bronze, les sites palafittiques sont très fragiles et menacés autant par des atteintes humaines (navigation motorisée, assèchement des marais, bétonnage des rives, etc.) que naturelles. Afin de renforcer leur protection, mais aussi de diffuser les connaissances qu’ils ont livrées, les sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes ont été inscrits en 2011 au patrimoine mondial de l’Unesco. Ils sont au nombre de 111, dont 56 se trouvent en Suisse.

Les 56 sites palafittiques de Suisse inscrits à l’Unesco

SiteCanton
Arbon - Bleiche 2-3TG
Äschi - Burgäschisee OstSO
Auvernier - La SaunerieNE
Auvernier - Les GraviersNE
Beinwil am See - ÄgelmoosAG
Bevaix - L'Abbaye 2NE
Biel/Bienne - Vingelz-HafenBE
Bolken / Inkwil - Inkwilersee InselSO/BE
Chabrey - Pointe de Montbec IVD
Chevroux - La BessimeVD
Chevroux - VillageVD
Collonge-Bellerive - Bellerive IGE
Corcelles-près-Concise - Stations de ConciseVD
Corsier - PortGE
Egolzwil - Egolzwil 3LU
Erlenbach - WinkelZH
Eschenz - Insel WerdTG
Freienbach - Hurden RosshornSZ
Freienbach - Hurden SeefeldSZ
Gachnang - Niederwil-EgelseeTG
Gletterens - Les GrèvesFR
Gorgier - Les ArgilliezNE
Grandson - Corcelettes Les ViolesVD
Greifensee - Storen-WildsbergZH
Greng - SpitzFR
Haut-Vully - Môtier IFR
Hitzkirch - SeematteLU
Hüttwilen - NussbaumerseeTG
Lüscherz - DorfstationBE
Meilen - RorenhaabZH
Morat - SegelboothafenFR
Morges - Les RoseauxVD
Morges - Stations de MorgesVD
Mur - Chenevières de Guévaux IVD
Noréaz - En Praz des GueuxFR
Rapperswil-Jona - TechnikumSG
Rapperswil-Jona / Hombrechtikon - FeldbachSG/ZH
Saint-Aubin-Sauges - Port-ContyNE
Seedorf - LobsigenseeBE
Seengen - RiesiAG
Stansstad - KehrsitenNW
Sursee - HalbinselLU
Sutz-Lattrigen - RütteBE
Thayngen - Weier I-IIISH
Twann-Tüscherz - BahnhofBE
Versoix - BourgGE
Vinelz - StrandbodenBE
Wädenswil - Vorder AuZH
Wetzikon - RobenhausenZH
Yverdon-les-Bains - Baie de ClendyVD
Yvonand - Le MaraisVD
Zoug - Oterswil-Insel EielenZG
Zoug - RiedmattZG
Zoug - SumpfZG
Zurich - Enge-AlpenquaiZH
Zurich - Kleiner HafnerZH
  
Les 56 sites palafittiques de Suisse inscrits à l’Unesco – Pierre Corboud, 2019.

Lors de la préparation de l’inscription à l’Unesco, une sélection des sites les plus représentatifs et les mieux conservés a été faite. Sur l’ensemble de la Suisse, on connaît plus de 394 autres établissements palafittiques, moins significatifs ou moins bien conservés (sites dits "associés"), mais qui participent également à la connaissance de l’ensemble de ce phénomène exceptionnel. Leur protection et leur étude sont aussi importantes et représentent une responsabilité pour les archéologues et les autorités. Il en va de même pour les nouvelles découvertes qui pourraient survenir. Si l’inscription à l’Unesco des sites palafittiques constitue une étape importante dans leur reconnaissance et leur mise en valeur, les travaux et recherches dans ce domaine doivent se poursuivre. Deux axes principaux de recherche sont à évoquer. Tout d’abord, les relations entre l’évolution de l’environnement préhistorique et les choix des populations face aux changements climatiques importants survenus pendant plus de quatre millénaires de leur histoire sont à approfondir et mieux comprendre. Enfin, l’ensemble des données matérielles culturelles rassemblées permet aujourd’hui d’aborder des questions de plus haut niveau interprétatif, par exemple celle des relations sociales entre les différentes cultures identifiées, à la fois au sein des groupes établis dans les zones littorales, mais aussi avec les populations de l’ensemble du continent européen, avec lesquelles les échanges matériels et symboliques ont été mis en évidence.

Les sites palafittiques inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco
Les sites palafittiques inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco […]

Sources et bibliographie

  • Keller, Ferdinand: Pfahlbauten. Zweiter Bericht, 1858 (Mitteilungen der Antiquarischen Gesellschaft in Zürich, 12/3). Online: e-periodica, consulté le 27.09.2018.
  • Desor, Edouard: Les palafittes ou constructions lacustres du lac de Neuchâtel, 1865.
  • Vogt, Emil: "Pfahlbaustudien", in: Guyan, Walter Ulrich (éd.): Das Pfahlbauproblem, 1955, pp. 119-129 (Monographien zur Ur- und Frühgeschichte der Schweiz, 11).
  • Sur les traces des palafittes, 2004 (= Archéologie suisse, 27/2). Online: e-periodica, consulté le 18.02.2019.
  • Kaeser, Marc-Antoine: Les Lacustres. Archéologie et mythe national, 2004 (Le savoir suisse, 14).
  • Suter Peter J.; Schlichtherle, Helmut: Palafittes. Candidature au Patrimoine mondial de l’UNESCO "Sites et palafittiques préhistoriques autour des Alpes", 2009.
  • Honegger, Matthieu; Mordant, Claude (éd.): L'Homme au bord de l'eau. Archéologie des zones littorales du Néolithique à la Protohistoire. Actes du 135e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 6-11 avril 2010, section de Pré- et Protohistoire, 2012 (Cahiers d'archéologie romande, 132).
  • Service archéologique du canton de Berne (éd.): Les lacustres au bord de l’eau et à travers les Alpes, 2013 (allemand 2013).
  • Archäologisches Landesmuseum Baden-Württemberg; Landesamt für Denkmalpflege im Regierungspräsidium Stuttgart (éd.): 4000 Jahre Pfahlbauten, 2016
  • Corboud, Pierre; Gowen, Margaret: "Protection of the World Heritage against archaeological research. The case of the Prehistoric Pile Dwellings around the Alps registered at UNESCO", in: Annuaire d'archéologie suisse,  99, 2016, pp. 157-164.
  • Corboud, Pierre; Schaeren, Gishan F.: Les palafittes suisses, 2017 (Guides d'art et d'histoire de la Suisse, 99/988-989).
  • Kaeser, Marc-Antoine: "Les palafittes au Patrimoine mondial de l'Unesco. Eléments pour un bilan d'étape", in: Archéologie suisse, 2017, n4, pp. 16-23.