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Histoire de la vie quotidienne

L'indiennerie et l'auberge de la famille Laué près de Wildegg. Détail d'une eau-forte coloriée de Johann Jakob Aschmann (Musée national suisse).
L'indiennerie et l'auberge de la famille Laué près de Wildegg. Détail d'une eau-forte coloriée de Johann Jakob Aschmann (Musée national suisse). […]

Hormis les études d'histoire locale et culturelle, l'historiographie suisse a longtemps ignoré le quotidien - espace social de vie et d'expérience -, perçu comme un thème de recherche réservé aux spécialistes de l'ethnologie régionale (Folklore). Avec l'élargissement théorique et méthodologique et la nouvelle orientation de l'histoire sociale dans les années 1970 et 1980, les conditions de vie matérielle et les activités quotidiennes des "petites gens", leurs travail et non-travail, leurs peines, leurs joies et leurs dépenses occasionnelles ont fait l'objet d'un intérêt croissant. Sous l'impulsion de l'anthropologie culturelle ou sociale française et anglo-saxonne, de l'ethnologie et de la sociologie, comme de la microhistoire (microstoria, concept issu de l'historiographie italienne), l'histoire sociale suisse a également essayé de considérer à nouveau les gens non plus comme des êtres soumis à des structures et des forces qui les dépassent, mais de plus en plus comme des sujets agissants. Cette approche repose sur la volonté d'analyser le concret, le familier et la proximité, sur l'idée que la vie et son cadre quotidien correspondent à une construction qui fait sens, c'est-à-dire que les manières d'agir et de penser au quotidien obéissent à des règles rationnelles, sur le concept de construction intersubjective de la réalité et sur l'importance de la vie en société comme génératrice de structures sociales. Elargissant le champ des sciences sociales historiques, l'histoire de la vie quotidienne a développé une approche des phénomènes culturels et sociaux centrée sur les hommes sujets de leur propre vie, sur leurs faits et gestes et leurs expériences. D'abord limitée à la vie des petites gens, cette démarche s'est étendue à toutes les classes et groupes sociaux dans les années 1990.

Sources et bibliographie

  • R. Braun, Industrialisierung und Volksleben, 1960 (21979)
  • Arbeitsalltag und Betriebsleben, 1981
  • Ph. Ariès, G. Duby, dir., Hist. de la vie privée, 5 vol., 1985-1987
  • A. Hauser, Was für ein Leben, 1987
  • A. Hauser, Das Neue kommt, 1989
  • S. Lambelet, B. Schneider, dir., La Suisse au quotidien depuis 1300, 1991
  • G.G. Iggers, Geschichtswissenschaft im 20. Jahrhundert, 1993, 73-87