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Coirediocèse, évêché

L'episcopatus ou diocesis Curiensis a relevé de la province de Milan de 451 au traité de Verdun (843), vraisemblablement sans interruption, puis de celle de Mayence jusqu'à la suppression de celle-ci en 1803/1818. Patrons: Lucius au Xe s., Lucius et Florin dès le XIe. Siège et cathédrale à Coire (Hof Chur).

Moyen Age

Sous la cathédrale actuelle se trouvent les vestiges d'une église du Ve s. et plus à l'est ceux d'un caveau funéraire, sans doute destiné aux évêques (église Saint-Etienne). Mentionné pour la première fois en 451, dans une lettre synodale de l'évêque de Milan au pape Léon Ier, signée par l'évêque de Côme au nom de l'évêque de Coire Asinio, absent (pro... Asinione ecclesiae Curiensis primae Rhaetiae episcopo), le diocèse remonte peut-être au IVe s. (Diocèses). Il tendait à recouvrir en gros la province romaine de Rhétie première (Raetia), mais perdit au VIIe s. une partie de son ressort, au sud du lac de Constance, au profit du diocèse de Constance. Du VIe au VIIIe s., les Zaccon/Victorides remplirent les charges de praeses et d'évêques, parfois unies dans les mêmes mains. En 806, Charlemagne institua en Rhétie un comte, aux pouvoirs et aux biens distincts de ceux de l'évêque. Cependant les évêques de Coire héritèrent des Carolingiens des terres en Rhétie. L'empereur Otton Ier dota richement l'évêque Hartpert, notamment à Coire et dans le val Bregaglia; les évêques seront dès lors et jusqu'au bas Moyen Age grands seigneurs féodaux et princes d'Empire, souvent au détriment de leur rôle spirituel.

Lors de la querelle des investitures, le candidat de l'empereur, Norbert, bien qu'excommunié, l'emporta en 1079/1080 sur le partisan du pape, Ulrich, lequel cependant lui succéda. Les évêques suivants échappèrent à ces difficultés. Adelgott (1151-1160) réforma les couvents de Cazis, Müstair et Schänis, encouragea celui de Saint-Lucius (ou Luzi) à Coire. A l'époque des Hohenstaufen, les évêques de Coire, gardiens des cols grisons, prirent le parti de l'empereur, ce qui amena l'élection parallèle de partisans du pape et troubla la vie de l'Eglise. Pendant le Grand Interrègne, Heinrich von Montfort (1251-1272) dut se défendre contre la noblesse locale. En 1277, Konrad von Belmont demanda aux dominicains de fonder un couvent à Coire (Saint-Nicolas) et soutint contre le clergé séculier leur activité pastorale. Siegfried von Gelnhausen reprit aux barons de Vaz le bailliage impérial de Coire en 1300 et représenta l'empereur Henri VII en Italie. Ulrich Ribi prit parti pour Charles [IV] de Luxembourg contre l'empereur Louis de Bavière en 1347, ce qui lui valut de grands privilèges accordés par le premier, mais conduisit à l'annexion de certains des biens du chapitre par le margrave Louis de Brandebourg, fils de Louis de Bavière. Le Grand Schisme opposa plusieurs fois l'évêque et le chapitre, par exemple en 1388 lors de la double élection du successeur de Johannes Ministri. Parmi les évêques des XIVe-XVe s., on trouve des soudards comme Hartmann de Werdenberg-Sargans, mais aussi d'éminents juristes et théologiens, tels Peter Gelyto, Johannes Ambundii, Johannes Naso ou Leonhard Wismair, qui servirent l'empereur ou s'illustrèrent aux conciles de Constance et de Bâle. Souvent absents du pays, ils négligeaient leurs devoirs épiscopaux ou les confiaient à des vicaires généraux. Leurs privilèges, renforçant leur pouvoir temporel, favorisèrent parfois les échanges dans l'espace rhétique, mais suscitèrent aussi des contestations juridiques et des querelles de compétences. Les évêques entretenaient des rapports ambigus avec les Habsbourg, qui intervenaient tantôt comme garants de la stabilité, tantôt pour imposer leur autorité, à partir de l'Autriche et, dès 1363, du Tyrol.

L'évêché de Coire au XVe siècle et en 1790
L'évêché de Coire au XVe siècle et en 1790 […]

Une nouvelle époque s'ouvrit au XIVe s. quand les juridictions et la ville de Coire, unies peu à peu dans la Ligue de la Maison-Dieu, se mirent à lutter contre l'évêque pour leur autonomie (attaque du château épiscopal par les gens de Coire en 1422 et 1435). Au milieu du XVe s., le chapitre cathédral et la Ligue de la Maison-Dieu eurent un grave conflit avec Heinrich von Hewen, évêque de Constance et administrateur du diocèse de Coire, en particulier à cause de la guerre de Schams. La guerre de Souabe (1499) ébranla encore plus la confiance entre la Ligue et l'évêque.

Le domaine temporel de l'évêché comprenait la ville de Coire, les IV villages (Cinq villages), la Bregaglia, l'Oberhalbstein, l'Engadine, le Domleschg, le val Poschiavo, le val Müstair et le val Venosta, ainsi que Chiavenna et Bormio temporairement, et des possessions moins importantes dans d'autres régions, par exemple dans la seigneurie de Flums. L'évêque avait pour vassaux et ministériaux les plus puissantes familles rhétiques.

Les évêques du diocèse de Coire jusqu'à la Réforme

EpiscopatEvêque
 Puricius
 Claudianus
 Ursicinus
 Sedonius
 Eddo
 Leuthardus
 Othcarius
 Notingus
451Asinio
vers 548Valentian
 Paulinus (?)
 Theodorus (?)
614Victor Ier
 Paschalis
 Victor II
 Vigilius
env. 759-765Tello
vers 773Constantius
vers 800Remedius
 Victor III
836-842Verendarius
849-868Esso
 Ruodharius
888-913Theodolf
920-949 (?)Waldo
951-970/71Hartpert
vers 972-988Hildibald
1000-1024Ulrich
 Ropertus
1030-1039Hartmann
1040-1070Thietmar
1070-1078Henri Ier
1080-1088Norbert
1089-1096Ulrich von Tarasp
1096-1122Wido
1123-1144Konrad von Biberegg
ca. 1145-1150Konrad
1151-1160Adelgott
1163-1170Egino
1170-1179Ulrich von Tegerfelden
1179-1180Bruno
1180-1193/94Henri II
1194-1209Reinher da Torre
1209-1221Arnold von Matsch
1224-1226Rudolf von Güttingen
1228-1233Berchtold
1233/34-1237Ulrich de Kibourg
1237-1251Volkard von Neuburg
1251-1272Heinrich von Montfort
1273-1282Konrad von Belmont
1282-1290Friedrich von Montfort
1291-1298Berthold von Heiligenberg
1298-1321Siegfried von Gelnhausen
1322-1325Rudolf von Montfort-Feldkirch
1325-1331Johannes Pfefferhard
1331-1355Ulrich Ribi
1356-1368Peter Gelyto
1368-1376Friedrich von Erdingen
1376-1388Johannes Ministri
1388-1416Hartmann de Werdenberg-Sargans
1416-1418Johannes Ambundii
1418-1440Johannes Naso
1440-1441Konrad von Rechberg
1441-1456Heinrich von Hewena
1456Antonius de Tosabeciisb
1453-1458Leonhard Wismairb
1458-1491Ortlieb von Brandis
1491-1505Heinrich von Hewen
1505 (?)-1541Paul Ziegler

a Evêque de Constance et administrateur de Coire

b Double élection

Les évêques du diocèse de Coire jusqu'à la Réforme -  Helvetia Sacra

Le diocèse (juridiction spirituelle) s'étendait du val Venosta à l'Urseren, du Vorarlberg et de la plaine de la Linth au Mesocco. A la fin du Moyen Age, il était divisé en huit décanats et 183 paroisses. La piété populaire apparaît indirectement dans l'art sacré, dans les indulgences et dans la liturgie. Parmi les maisons religieuses, citons Disentis, Marienberg (Monte Maria), Müstair, Pfäfers, Cazis, Saint-Lucius, Churwalden et Saint-Nicolas. Le chapitre, attesté depuis 940, contribuait au service divin dans la cathédrale, élisait l'évêque quand l'empereur ou le pape n'imposaient pas leur candidat, participait aux affaires spirituelles et (de plus en plus, au bas Moyen Age) temporelles. Dans ses démêlés avec l'évêque, il s'appuya souvent sur la Ligue de la Maison-Dieu. Il veilla sur les droits de l'évêché sous les prélats étrangers des XIVe-XVe s. On conserve ses statuts de 1273, 1282, 1321 (capitulation électorale), 1349 et 1414. Il y avait 24 chanoines en 1237-1238 et 1283, 17 en 1416, 23 en 1472, dont cinq dignitaires: prévôt, doyen, écolâtre, chantre (dès 1235), custode. Dès la fin du XIIIe s., l'évêque ne se prononça plus dans les affaires spirituelles, mais nommait des juges uniques, qui décidaient surtout d'après le droit canon romain (Officialité); cette fonction incombait à l'archiprêtre dans le lointain val Venosta et au doyen en Engadine, souvent inaccessible.

Epoque moderne

Latent depuis le bas Moyen Age, le conflit avec la ville de Coire (qui adopta la Réforme vers 1525), éclata au grand jour sous l'évêque Paul Ziegler, dont les articles d'Ilanz (1524 et 1526) réduisirent la seigneurie au quartier épiscopal de Coire (le Hof, que l'empereur Maximilien Ier avait déclaré en 1514 exempt de la juridiction urbaine), à Fürstenburg (Tyrol), à la seigneurie de Grossengstingen en Souabe (vendue en 1717 à l'abbaye de Zwiefalten) et à quelques miettes aux Grisons (dans le val Müstair, à Obervaz et Fürstenau). De 1524 à 1541, les chanoines restés à Coire surent gérer le diocèse en l'absence de l'évêque, dans des conditions difficiles. Lors de l'élection de l'évêque Lucius Iter, la Ligue de la Maison-Dieu, encore majoritairement catholique, revendiqua par les "Six Articles" d'octobre 1541 un vrai droit de participation. En acceptant cette demande, l'évêque assura le maintien du diocèse et put faire reconnaître sa souveraineté sur le Hof en 1543. Au milieu du XVIe s., la majorité des paroisses grisonnes avait embrassé la foi nouvelle. La participation de la Ligue de la Maison-Dieu à l'administration du diocèse était donc le prix, admis par le Saint-Siège, de sa survie dans un pays divisé politiquement et confessionnellement. Le reste du diocèse (Tyrol, Vorarlberg, Liechtenstein, val d'Urseren) demeura catholique.

Avers d'une pièce de sept ducats de 1613, sortie de l’atelier monétaire de l'évêque Johann V Flugi, à l’effigie de saint Lucius, patron de l’église homonyme à Coire (Rätisches Museum, Coire).
Avers d'une pièce de sept ducats de 1613, sortie de l’atelier monétaire de l'évêque Johann V Flugi, à l’effigie de saint Lucius, patron de l’église homonyme à Coire (Rätisches Museum, Coire). […]
Revers d'une pièce de sept ducats de 1613, sortie de l’atelier monétaire de l'évêque Johann V Flugi (Rätisches Museum, Coire).
Revers d'une pièce de sept ducats de 1613, sortie de l’atelier monétaire de l'évêque Johann V Flugi (Rätisches Museum, Coire). […]

Les premiers essais de réforme catholique vinrent non des évêques de Coire, mais de Charles Borromée (visite du Mesocco) et des premiers nonces à Lucerne, qui exercèrent avec les V cantons des pressions sur le chapitre. Il fallut attendre le règne de Johann Flugi (1601-1627) pour que soient introduites les nécessaires réformes tridentines: reprise en mains du clergé, missions de capucins, affirmation de la foi catholique. Les capucins réussirent à ranimer la vie religieuse dans plusieurs paroisses non ou mal desservies; ils vinrent d'Allemagne du Sud dès 1621 dans la Ligue des Dix-Juridictions avec le soutien de l'Autriche (comme Fidèle de Sigmaringen), de la province de Brescia dans l'Oberhalbstein, de celle de Milan dans le Mesocco. Après 1640, plusieurs filiales furent érigées en paroisses. Les Troubles des Grisons créèrent brièvement des conditions politiques favorables à la recatholicisation. L'évêque fit échouer en 1656 le projet d'une sorte de diocèse de dix-huit paroisses, autour de l'abbaye de Disentis. Faute de moyens, il n'y avait pas d'évêques auxiliaires; les prélats visitaient leur diocèse eux-mêmes.

Il ne fut pas possible de récupérer les terres perdues en 1524, ni par l'accord de Lindau (1622), obtenu sous la pression de l'Autriche, ni par les dix-huit articles que promulgua le nonce Alessandro Scappi (1623). Le rapport entre les deux confessions se stabilisa sous l'évêque Johann Flugi von Aspermont (1636-1661), surtout après le ralliement des III Ligues à l'Autriche. Les missions de capucins dans les Grisons romanches renforcèrent la vie religieuse dans les paroisses catholiques et dans quelques communes mixtes. Les relations avec l'Empire, interrompues au XVIe s., reprirent sous l'égide de l'Autriche: dès 1654, les princes-évêques de Coire se firent à nouveau représenter aux diètes d'Empire. Le colonel Johann Peter Guler tenta d'occuper militairement le Hof le 18 janvier 1656, mais la ville de Coire, quoique protestante, mit fin à cette aventure. Les bonnes relations que les III Ligues et les évêques entretenaient avec l'Autriche aboutirent à la fin du XVIIe et au XVIIIe s. à un modus vivendi dans les affaires confessionnelles. Les évêques n'eurent plus à reconnaître les Six Articles de 1541 et l'empereur se fit représenter par un commissaire aux élections épiscopales dès 1728. Au Tyrol et dans le Vorarlberg, les évêques durent accepter la plupart des réformes ecclésiastiques de Joseph II, comme les suppressions de couvents. En revanche, l'Autriche ne parvint pas à créer dans ces provinces un nouveau diocèse avec siège à Feldkirch. Les princes de Liechtenstein ne craignirent pas non plus d'intervenir dans les affaires de l'Eglise.

Les évêques du diocèse de Coire à l'époque moderne

a Double élection

Les évêques du diocèse de Coire à l'époque moderne -  Helvetia Sacra

La création d'un séminaire diocésain resta à l'état de projet. Depuis la fin du XVIe s., les théologiens grisons se formaient aux collèges jésuites de Lucerne et Fribourg; ils disposaient de bourses au Collegium helveticum de Milan (dès 1579), au collège jésuite de Dillingen (1610) et au collège Sainte-Barbara de Vienne (1627). Dans le diocèse, le collège jésuite de Feldkirch fut fondé en 1649. Pour être reçu dans le chapitre, il fallait être noble ou avoir un grade universitaire. La Réforme entraîna la perte de nombreux revenus; le nombre des chanoines résidents fut réduit aux six dignitaires, selon les statuts promulgués par le nonce Giovanni della Torre en 1598; les dix-huit autres membres du chapitre participaient à l'élection de l'évêque, mais ne résidaient pas à Coire. Le prévôt était désigné par le Saint-Siège, le doyen par le chapitre, le chantre et le custode par l'évêque. Les articles d'Ilanz (1524 et 1526) limitaient fortement les compétences judiciaires de l'évêque. L'un des chanoines résidents était vicaire général, fonction intermittente au XVIe s., et official. Le Vorarlberg, le val Venosta, le Mesocco, l'Oberhalbstein et la Surselva avaient chacun un vicaire, qui veillait à la discipline du clergé, informait la curie épiscopale et présidait les conférences pastorales.

XIXe et XXe siècles

La Diète fédérale renonça en 1804 à la sécularisation décidée par le Recès de la diète impériale de 1803, parce que les moyens disponibles ne permettaient pas de dédommager l'évêque et le chapitre. L'évêque perdit ses droits temporels; ses possessions du Tyrol (Fürstenburg) passèrent à l'Autriche. Il ne garda que le quartier épiscopal à Coire (Hof), dont le statut spécial dura jusqu'en 1852. Les frontières du diocèse subirent de grands changements au début du XIXe s.: elles furent d'abord ramenées à celles de la Suisse et du Liechtenstein; en effet l'évêque Karl Rudolf von Buol-Schauenstein renonça en 1808 à ses compétences au Tyrol et au Vorarlberg, car la Bavière, dont ils faisaient partie dès 1805, lui avait interdit en 1807 d'y remplir ses devoirs. Les quelque 80 000 catholiques de ces régions furent attribués provisoirement en 1809 et définitivement en 1816 aux diocèses de Bressanone et de Trente. En 1819, le Saint-Siège soumit à Coire la plupart des territoires suisses du diocèse supprimé de Constance. Un diocèse de Saint-Gall fut créé en 1823, en union personnelle avec celui de Coire; il comprenait le pays de Sargans (canton de Saint-Gall), qui pourtant relevait traditionnellement de Coire. Parmi les anciens territoires du diocèse de Constance qui se rattachèrent à Coire, Schwytz le fit définitivement en 1824; Uri (l'Urseren relevait déjà de Coire), Unterwald, Glaris et Zurich provisoirement (jusqu'à nos jours); Schaffhouse jusqu'en 1841 (ensuite à Bâle); les deux Appenzells jusqu'en 1867 (ensuite à Saint-Gall). En 1867, les paroisses de Brusio et Poschiavo passèrent du diocèse de Côme à celui de Coire, qui s'étend dès lors à tout le canton des Grisons. Le double diocèse de Coire-Saint-Gall fut supprimé en 1836 devant l'opposition des deux gouvernements cantonaux. Les questions scolaires troublèrent les rapports entre l'évêché et le canton au milieu du XIXe s.: l'école cantonale catholique fut unie à la protestante en 1850, le petit séminaire supprimé en 1856 (le collège de Schwytz, fondé cette même année, placé sous la haute surveillance de l'évêque, le remplaça). Les négociations sur l'intégration définitive d'Uri et Unterwald se prolongèrent durant tout le XIXe s. et échouèrent parce que la Suisse centrale n'abandonna jamais entièrement l'idée de créer son diocèse et que les Grisons entendaient avoir la prééminence sur les autres cantons; Uri et Unterwald obtinrent l'égalité des droits en 1928, ce qui ne changea toutefois rien à leur statut provisoire.

Depuis le milieu du XIXe s., la révolution industrielle et les mutations sociales qui lui sont liées ont modifié les rapports confessionnels. Le nombre des catholiques s'accrut bien davantage dans les régions réformées que celui des protestants en Suisse centrale. L'évolution est frappante dans le canton de Zurich, où la part des catholiques est passée de 19% en 1900 à 32% en 1960, et où résidaient en 1970 59% des ouailles du diocèse de Coire. Quatre paroisses catholiques, dont celle de Zurich, furent reconnues de droit public en 1863; mais en 1873, durant le Kulturkampf, la paroisse de Zurich passa aux catholiques-chrétiens et les catholiques romains, bien plus nombreux, durent s'organiser sur un plan privé. Après le Kulturkampf, la "diaspora" zurichoise se structura rapidement, avec le soutien financier de la mission intérieure. Elle comptait quarante et une paroisses en 1928. Le canton eut un décanat au début du XXe s., puis trois, soumis à un commissaire épiscopal, et en 1956, après de longues négociations, un vicaire général. L'égalité juridique des Eglises catholique et protestante n'y fut reconnue qu'en 1963.

Jusqu'en 1941, les évêques (tous d'origine grisonne) furent élus par le chapitre et confirmés par le Saint-Siège. Mais en 1957, pour la première fois, le Vatican désigna un coadjuteur avec droit de succession, Johann Vonderach (1962-1990); il fit de même en 1988 avec Wolfgang Haas (1990-1997), dont la nomination provoqua de graves dissensions parmi les fidèles. En 1997, le Liechtenstein fut séparé du diocèse de Coire et érigé en un archidiocèse dont Haas devint l'archevêque. Son successeur à Coire fut Amédée Grab. A la charge de vicaire général et d'official définitivement instituée en 1917 se sont ajoutés trois vicariats généraux: un pour Zurich en 1956, un pour la Suisse centrale et un pour les Grisons, Glaris et le Liechtenstein en 1970.

Les évêques du diocèse de Coire XIXe-XXe siècles

EpiscopatEvêque
1835-1844Johann Georg Bossi
1844-1859Kaspar de Carl von Hohenbalken
1859-1876Nikolaus Franz Florentini
1877-1879Kaspar Willi
1879-1888Franz Konstantin Rampa
1889-1908Johannes Fidelis Battaglia
1908-1932Georg Schmid von Grüneck
1932-1941Laurenz Matthias Vincenz
1941-1962Christian Caminada
1962-1990Johann Vonderach
1990-1997Wolfgang Haas
1998-2007Amédée Grab
2007-Vitus Huonder
Les évêques du diocèse de Coire XIXe-XXe siècles -  Helvetia Sacra

Le premier grand séminaire du diocèse ouvrit en 1800 à Merano (Tyrol du Sud). La Bavière le ferma en 1807; il fut transféré la même année dans l'ancienne abbaye de prémontrés de Saint-Lucius à Coire. La haute école théologique créée en 1968 conféra dès 1974 le grade de licencié et introduisit en 1975 une formation de troisième cycle pour laïcs employés à plein temps par l'Eglise (cycle séparé du séminaire en 1991). La majorité du clergé venait des Grisons (surtout de la Surselva, avec une prédominance, jusqu'aux années 1960, de Romanches) ou de Suisse centrale. Après le concile Vatican II (1962-1965), tous les recueils liturgiques furent traduits à grands frais dans les divers idiomes romanches. La crise des vocations apparue au XIXe s. déjà, s'aggrava après 1970: un prêtre s'occupait de 533 fidèles en 1850, de 1184 en 1980. La mission des capucins relevant de la congrégation de la Propagande fut supprimée en 1920, mais des missionnaires agirent à titre individuel jusqu'en 1955. Depuis 1970, faute de prêtres, un nombre de plus en plus élevé de paroisses est desservi par des réguliers, tels les pères des abbayes bénédictines du diocèse, Einsiedeln, Engelberg et Disentis.

Sources et bibliographie

  • StAGR, AEp, Musée de la cathédrale
Généralités
  • HS, I/1, 449-619 (avec liste et biogr. des évêques)
  • A. Gasser, «Geschichte Liechtensteins als Teil des Bistums Chur», in Staat und Kirche, éd. H. Wille, G. Baur, 1999, 178-191
  • HbGR
Moyen Age
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  • U. Affentranger, Die Bischöfe von Chur in der Zeit von 1122 bis 1250, 1975
  • O.P. Clavadetscher, W. Meyer, Das Burgenbuch von Graubünden, 1984
  • H. Maurer, éd., Churrätisches und st. gallisches Mittelalter, 1984
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  • O.P. Clavadetscher, Rätien im Mittelalter, éd. U. Brunold, L. Deplazes, 1994
Epoque moderne
  • J. Küng, Der Verkauf und der Rückkauf des Münstertals (1728-1762), 1976
  • H. Bissig, Das Churer Rituale, 1503-1927, 1979
  • P.L. Surchat, «Zum Churer Bischofsstaat im Ancien Régime», in Kirche, Staat und katholische Wissenschaft in der Neuzeit, éd. A. Portmann-Tinguely, 1988, 145-156
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  • W. Kundert, Die Koadjutoren der Bischöfe von Chur, 1991
  • R. Loose, «Der Bischof von Chur, Herr zu Grossengstingen», in JHGG, 121, 1991, 141-167
  • A. Fischer, Reformatio und Restitutio: das Bistum Chur im Zeitalter der tridentinischen Glaubenserneuerung, 2000
  • U. Pfister, «Das Bistum Chur zwischen Graubünden und Habsburg, 1500-1813», in Calven 1499-1999: bündnerisch-tirolische Nachbarschaft, 2000, 207-217
XIXe et XXe siècles
  • V. Gosatti, «Storia della separazione di Poschiavo e Brusio dalla diocesi di Como e loro aggregazione a quella di Coira», in QGI, 48, 1979, 197-213, 255-275
  • M. Blaas, Der letzte Fürstbischof von Chur und sein Klerus in Tirol, 1983
  • H. Mauritz, «Erwägungen zum Churer "Bischofswahlrecht"», in Fides et Ius, 1991, 491-505
  • E. Gatz, éd., Geschichte des kirchlichen Lebens in den deutschsprachigen Ländern seit dem Ende des 18. Jahrhunderts, 3 vol., 1991-1994
  • HS I/2, 215-228
  • E. Gatz, éd., Priesterausbildungsstätten der deutschsprachigen Länder zwischen Aufklärung und Zweitem Vatikanischem Konzil, 1994, 55-57
  • M. Grichting, Kirche oder Kirchenwesen?, 1997
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