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Henripolis

Plan de situation de la ville neuve envisagée par Henri II d'Orléans-Longueville sur le territoire des communes de Marin et Epagnier. Variante anonyme du plan gravé à Lyon par Claude Savary et Barthélemy Gaultier pour illustrer l'édition française de la brochure de promotion du projet, 1626 (Zentralbibliothek Zürich, Abteilung Karten und Panoramen).
Plan de situation de la ville neuve envisagée par Henri II d'Orléans-Longueville sur le territoire des communes de Marin et Epagnier. Variante anonyme du plan gravé à Lyon par Claude Savary et Barthélemy Gaultier pour illustrer l'édition française de la brochure de promotion du projet, 1626 (Zentralbibliothek Zürich, Abteilung Karten und Panoramen). […]

Projet avorté de ville idéale, en 1625, sur les territoires de Marin et Epagnier (aujourd'hui commune de La Tène). En créant ex nihilo et à son nom une ville seigneuriale neuve et rivale de Neuchâtel, Henri II d'Orléans-Longueville espère rétablir l'intégrité du pouvoir comtal affaibli par l'emprise politique de la ville et bourgeoisie de Neuchâtel, acquise, puis confortée aux XVe et XVIe s., notamment grâce à sa combourgeoisie avec Berne. Le préjudice que la guerre de Trente Ans porte alors au commerce international donne temporairement au comté neutre une dimension économique, renforcée par le projet du canal d'Entreroches. Représentant un groupe de marchands hollandais, Gasparus Scherer, de Saint-Gall, et Bonifacius Iselin, de Bâle, obtiennent le privilège de fonder et de diriger la cité. Le 24 juin 1625, Henri II signe la charte d'H.: son plan géométrique en demi-cercle polygonal, parcouru de rues orthogonales, couvre 54 ha au bord du lac de Neuchâtel, à l'embouchure de la Thielle. Dotés de larges prérogatives artisanales et commerciales, ses habitants bénéficient de la liberté confessionnelle et de franchises égales à celles des anciens bourgeois. Par son soutien au projet, le conseiller d'Etat et lieutenant du gouverneur du comté Jean Hory concentre sur sa personne l'ire des opposants de 1626 à 1640: sa disgrâce, le refus des propriétaires de vendre les terrains nécessaires, les intrigues dilatoires des bourgeois de Neuchâtel, le risque pour Berne de perdre son influence sur la région et l'impossibilité de réunir les 50 000 écus dus par les fondateurs en échange des privilèges octroyés se cumulent pour anéantir l'ambitieux dessein.

Sources et bibliographie

  • P.-L. Pelet, «Une fondation de ville au XVIIe s.: Henripolis», in Revue hist. de droit français et étranger, 1951, 407-418
  • E. Castellani Zahir et al., «Henripolis: Karten zu einem Stadtgründungsprojekt des 17. Jahrhunderts», in Cartographica Helvetica, 1993, cah. 8, 3-8

Suggestion de citation

Girardbille, Olivier: "Henripolis", in: Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), version du 20.02.2017. Online: https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/012819/2017-02-20/, consulté le 29.11.2020.