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Moyens de transport

"Notre déplacement de Grindelwald à Meiringen par la Scheidegg le samedi 6 août 1803" Dessin à la plume de David Hess (Zentralbibliothek Zürich, Graphische Sammlung und Fotoarchiv).
"Notre déplacement de Grindelwald à Meiringen par la Scheidegg le samedi 6 août 1803" Dessin à la plume de David Hess (Zentralbibliothek Zürich, Graphische Sammlung und Fotoarchiv). […]

Servant aux personnes et aux biens, les moyens de transport utilisent divers instruments de locomotion et forces motrices. Sur terre, outre les transports à dos d'homme, on peut énumérer les animaux de trait, de selle et de somme (Sommage), les traîneaux, les voitures et chars, les chemins de fer, les chemins de fer de montagne et transports par câbles, les ascenseurs, les bicyclettes, les automobiles et les motocyclettes. Sur l'eau (Navigation), on a navigué sur des pirogues, des radeaux (Flottage), des barques à rame, des bateaux à voile, à vapeur et à moteur. Dans les airs, on a volé en ballon, en dirigeable et en avion (Aviation). Certains moyens de transport importants ne sont pas toujours considérés comme tels: tapis roulants et chaînes de montage, élévateurs et grues, glissoirs ("rises" en patois vaudois), conduites. Le développement des moyens de transport s'est caractérisé par une vitesse de plus en plus grande, une disponibilité accrue, une sécurité élevée et, avant tout, une capacité croissante. L'adoption des plus importants a reposé sur la création d'infrastructures adéquates (Voies de communication), puis sur les progrès de la motorisation.

Parmi les moyens de transport les plus anciens dont l'existence est établie archéologiquement, on trouve au Néolithique des pirogues monoxyles (à partir de 5000 av. J.-C.) et de simples charrettes à roues pleines (fin du IVe millénaire.). Dans l'Antiquité, le transport de marchandises de gros tonnage par véhicules hippomobiles et bateaux nécessita un réseau de routes carrossables, de ports et d'entrepôts le long des voies d'eau. Le trafic de transit par le Plateau ou les cols alpins et jurassiens, de l'époque romaine à l'époque moderne, impliqua, sur les routes les plus fréquentées, la construction d'auberges, soustes, ponts et bacs. Jusqu'au XIXe s., les moyens de transport dépendaient de la force humaine ou animale, de celle du vent, du courant et de la gravité. Le bois constituait le principal matériau de fabrication utilisé par les charrons et les constructeurs navals, quand bien même des métaux furent utilisés en quantité croissante depuis le Moyen Age.

Des machines à moteur et mobiles, ainsi que l'arrivée de nouvelles sources d'énergie (charbon, pétrole, courant électrique) révolutionnèrent les moyens de transport à partir du XIXe s. Il y eut d'abord la machine à vapeur. Dès les années 1820, des vapeurs sillonnaient les lacs suisses et, depuis le milieu des années 1840, des locomotives tiraient des wagons pour voyageurs et pour marchandises sur les premiers tronçons d'un réseau qui se développait rapidement. Pour mieux cerner le rapport étroit entre chemin de fer, infrastructure ferroviaire et exploitation, pour lesquels la nouvelle technologie de communication qu'était le télégraphe joua un rôle important, la recherche moderne a inventé le concept de large technical system (macro-système technique). A partir des années 1890, les moteurs à combustion rendirent possible la construction des premières motocyclettes et automobiles; les pionniers de l'aviation suisse lancèrent leurs machines à hélice dans les années 1910. L'utilisation d'énergies fossiles ne se limita pas à la force motrice, mais toucha aussi l'industrie métallurgique ainsi que la production pétrochimique des matières plastiques. Ce processus s'accomplit en pleine interaction avec la révolution industrielle. En Suisse, dès la seconde moitié du XIXe s., la production industrielle s'imposa et les métaux jouèrent un rôle de plus en plus grand. La construction navale, la production de camions et surtout celle de locomotives et de wagons (Industrie des machines) acquirent, aux XIXe et XXe s., une grande importance pour l'économie suisse, alors que la fabrication d'avions et d'automobiles demeura marginale. Au XXe s., les matières plastiques furent de plus en plus employées.

L'histoire des moyens de transport n'est pas seulement une histoire de leur invention. Elle doit prendre aussi en compte la diversité des procédés techniques, l'histoire complexe de leur adoption ou le processus de l'innovation. En général, les nouveaux moyens de transport ne succédèrent pas directement aux anciens, mais ils les côtoyèrent et, à leurs débuts, ne furent souvent que le symbole du statut social de ceux qui les employaient. Les anciens furent soumis à un processus d'adaptation fonctionnel, qui n'aboutit que beaucoup plus tard à leur remplacement; c'est ainsi que les chemins de fer laissèrent aux chars et charrettes les seules courtes distances, qui seront reprises par les automobiles après la Première Guerre mondiale. Les moyens de transport individuels atteignirent une importance capitale pour le développement économique et social; la période allant de la fin du XIXe au milieu du XXe s. peut être considérée comme l'âge des chemins de fer et la seconde moitié du XXe s. comme celui de l'automobile.

Suggestion de citation

Schiedt, Hans-Ulrich: "Moyens de transport", in: Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), version du 01.11.2012, traduit de l’allemand. Online: https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/013899/2012-11-01/, consulté le 20.10.2020.