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PhilippeJaccottet

Philippe Jaccottet sur la terrasse de sa maison à Grignan. Photographie d'Erling Mandelmann, 1991 © R. & B. Mandelmann, collections du Musée historique de Lausanne.
Philippe Jaccottet sur la terrasse de sa maison à Grignan. Photographie d'Erling Mandelmann, 1991 © R. & B. Mandelmann, collections du Musée historique de Lausanne.

30.6.1925 à Moudon, 24.2.2021 à Grignan, protestant, d'Echallens. Fils d'André Jaccottet, vétérinaire, et d'Anna née Neeser. 1953 Anne-Marie Haesler, peintre, fille de Louis Haesler, imprimeur. Philippe Jaccottet fit des études de philosophie, philologie grecque et philologie allemande à l'Université de Lausanne, où il obtint sa licence en 1946. Il fréquenta Gustave Roud, Charles Ferdinand Ramuz, René Auberjonois et Lélo Fiaux. Grâce à l'éditeur Henry-Louis Mermod, il se rendit à Paris où il séjourna de 1946 à 1952. Il y noua d'importantes relations littéraires, notamment avec Francis Ponge. En 1953, Jaccottet s'installa avec son épouse à Grignan, dans la Drôme, mais continua de participer activement à la vie littéraire romande. Il acquit dès lors une large réputation grâce à la qualité de ses traductions de l'allemand (Thomas Mann, Rainer Maria Rilke, Friedrich Hölderlin, Robert Musil) et de l'italien (Giacomo Leopardi, Giuseppe Ungaretti). Auteur du récit L'obscurité (1961), de carnets intimes (La seconde semaison, 1996) et d'essais critiques (Une transaction secrète, 1987), il ne cessa d'interroger la poésie, à laquelle il consacra ses livres les plus célèbres: L'ignorant (1957), Airs (1967), Leçons (1969), Après beaucoup d'années (1994). Ses œuvres poétiques constituent une admirable méditation sur les limites du langage, la beauté du monde et la présence des ombres, dans une langue qui vise scrupuleusement à une certaine justesse de forme en cherchant son chemin loin du discours sentencieux aussi bien que des images qui éloigneraient trop du réel. L'expérience du sensible fut inséparable de la quête d'un sens et, pour Jaccottet, leur traduction exigeait un idéal de simplicité. Il fut honoré de nombreuses distinctions: grand prix C.F. Ramuz en 1970, grand prix de poésie de la Ville de Paris en 1986, prix Pétrarque en 1988, bourse Goncourt-Adrien Bertrand de la poésie en 2003 et grand prix Schiller en 2010.

Sources et bibliographie

  • Jaccottet, Philippe: Paysages avec figures absentes, 1970 (19762, édition revue et augmentée).
  • Jaccottet, Philippe: Poésie, 1946-1967, 1971 (avec une préface de Jean Starobinski, 19902).
  • Jaccottet, Philippe: A la lumière d'hiver, précédé de Leçons et de Chants d'en bas, 1977 (19942).
  • Jaccottet, Philippe: Carnets 1995-1998 (La semaison, III), 2001.
  • Bory, Michel: «Philippe Jaccottet – Poète», in: Plans-fixes, 1978 (vidéo).
  • Vidal, Jean Pierre (éd.): Philippe Jaccottet. Pages retrouvées, inédits, entretiens, dossier critique, bibliographie, 1989.
  • Francillon, Roger (dir.): Histoire de la littérature en Suisse romande, vol. 3, 1998, pp. 141-152.
  • Ventresque, Renée (éd.): Philippe Jaccottet. La mémoire et la faille. Actes du colloque organisé à l'Université Paul-Valéry, Montpellier III, les 3 et 4 mai 2001, 2002.
  • Bergé, Aline: Philippe Jaccottet, trajectoires et constellations. Lieux, livres, paysages, 2004.
  • Himy-Piéri, Laure: «Paysages avec figures absentes» de Philippe Jaccottet, 2007.
Liens
Notices d'autorité
GND
VIAF
En bref
Dates biographiques ∗︎ 30.6.1925 ✝︎ 24.2.2021

Suggestion de citation

Amstutz, Patrick: "Jaccottet, Philippe", in: Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), version du 21.04.2021. Online: https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/016198/2021-04-21/, consulté le 15.06.2021.