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Trinkstuben

Vitrail dans la maison communale de Stammheim, réalisé en 1635 par Hans Jakob Nüscheler (Commune de Stammheim; photographie Karl Fülscher).
Vitrail dans la maison communale de Stammheim, réalisé en 1635 par Hans Jakob Nüscheler (Commune de Stammheim; photographie Karl Fülscher). […]

Une Trinkstube (salle à boire) était une pinte (Auberges), à la différence qu'elle n'appartenait pas à un particulier, mais à une communauté, une commune, une corporation, une société ou une association de compagnons. Il semblerait que les Trinkstuben aient existé dans la plupart des villes, mais rarement à la campagne et seulement dans des villages d'une certaine taille. Ces établissements, nés au bas Moyen Age, connurent un vif essor aux XVe et XVIe s. et perdirent de leur importance aux XVIIe et XVIIIe s. On sait peu de chose sur les établissements des institutions religieuses, comme ceux du chapitre de Saint-Maurice à Zofingue. Il existait aussi des Stubengesellschaften, d'une commune ou d'un conseil par exemple, dont le cercle de membres était plus restreint que la norme. Trois types d'exploitation de Trinkstuben étaient à distinguer. Dans le premier cas, les sociétaires géraient la salle à leur propre compte et engageaient un domestique (Stubenknecht) chargé de tenir l'établissement avec sa femme. Pour la salle d'un conseil, cette tâche incombait souvent à l'huissier. Le contrôle et la responsabilité finale étaient assumés par un ou plusieurs responsables (Stubenmeister). Dans d'autres cas, le propriétaire louait l'établissement (ou accordait seulement le droit de taverne) à un tenancier (Stubenwirt), souvent au plus offrant, et se réservait le droit d'occuper certaines salles à des dates précises. Enfin, plus rarement, il arrivait que les membres eux-mêmes se relaient pour l'exploitation. Les Trinkstuben étaient avant tout lieux de convivialité, où l'on se retrouvait pour boire, jouer, parfois aussi pour manger et célébrer des fêtes, des mariages surtout. A la campagne, l'endroit offrait parfois le gîte et faisait ainsi office d'auberge. La communauté y organisait aussi ses réunions, la reddition des comptes, les sessions judiciaires et d'autres manifestations encore. L'accès pour les invités obéissait à des règles variables. Alors que les procédures judiciaires avaient un caractère public, les sociétés, patriciennes surtout, avaient tendance à refuser l'accès aux non-membres, d'autant que nombre d'entre elles jugeaient elles-mêmes les petits délits dans leur salle.

Sources et bibliographie

  • F. Müller, Wirte und Wirtschaften in Zofingen, 1450-1600, mém. lic. Zurich, 1990
  • A. Cordes, Stuben und Stubengesellschaften, 1993