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Ecoles de redressement

Par écoles de redressement ou maisons de correction, on entendait au XIXe s. ce que l'on appelle maintenant maisons ou foyers d'éducation surveillée ou centres éducatifs. Institutions peu réglementées par les pouvoirs publics, parfois privées, elles se proposent d'élever en collectivité (Asiles), hors du milieu familial, des enfants et adolescents délinquants ou prédélinquants (Jeunesse). Elles procurent aux pensionnaires, pour une durée limitée ou indéterminée, une vie encadrée par des éducateurs professionnels lorsque la famille ne peut pas, ou plus, assurer le bien de l'enfant ou les mesures éducatives et thérapeutiques nécessaires.

Historiquement, les écoles de redressement dérivent de l'hôpital médiéval qui, jusqu'au XVIIIe s., hébergeait les pauvres, les malades, les orphelins, les délinquants, et servait également de prison préventive (Prisons). Le Wartheim, fondé en 1862 à Muri bei Bern, est la première école de redressement de Suisse. A la fin du XIXe s., diverses institutions reçurent l'appellation plus neutre de "foyers d'éducation". Elles sélectionnaient leurs pensionnaires selon l'âge, l'état de santé ou l'infirmité et la "normalité" ou le degré de déviance sociale. Une grande diversité d'internats ou semi-internats (pour cas psychiatriques, handicapés ou cas sociaux) reconnus par l'Etat et destinés à la jeunesse est issue des réformes pédagogiques, des mouvements de jeunes, du mouvement ouvrier, puis du mouvement des étudiants de 1968: homes pour enfants, pour écoliers, pour adolescents, pour mise en observation, pour séjours courts, pour rééducation, familles d'accueil, communautés socio-pédagogiques.

En 1999, la convention intercantonale relative aux institutions recensait 449 maisons d'éducation pouvant accueillir 11581 enfants, adolescents et jeunes adultes. Elles relevaient tout à la fois du droit de la famille, des autorités scolaires, du droit social, de l'aide à la jeunesse, du droit pénal des mineurs et de la formation professionnelle. Les enfants y sont placés dans leur intérêt à la demande des parents, de l'autorité tutélaire (droit civil), des autorités scolaires ou judiciaires (droit public).

Sources et bibliographie

  • J. Schoch et al., éd., Aufwachsen ohne Eltern, 1989
  • M. Ruchat, L'oiseau et le cachot, 1993

Suggestion de citation

Tanner, Hannes: "Ecoles de redressement", in: Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), version du 29.05.2006, traduit de l’allemand. Online: https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/027150/2006-05-29/, consulté le 31.10.2020.