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Otages

Outre son emploi courant actuel, le terme d'otage fut utilisé au Moyen Age pour le recouvrement de dettes. La garantie par le biais d'otages (lat. obstagium, garantie, gage, all. Geiselschaft) consistait en la détention volontaire d'un garant ou otage (lat. obses, caution, fidéjusseur, all. Geisel, Einlieger, Leister), dans le but que le créancier recouvre son argent. Ce système est attesté pour la première fois en Suisse romande au XIIe s. A l'inverse de l'esclavage pour dettes, il n'était pas déshonorant et considéré au contraire par les nobles comme digne de leur rang. Reposant sur un contrat, il servait, tout comme le cautionnement, à garantir l'acquittement d'une obligation: si le débiteur ne remplissait pas son devoir, le créancier pouvait demander que l'otage se rende de son plein gré dans un lieu de détention précis, par exemple au château du créancier ou dans un lieu neutre, afin d'y vivre à la charge du débiteur jusqu'à ce que ce dernier s'exécute. Pratique devenue également fréquente parmi le peuple à partir du XIIIe s., la garantie par otages, déjà bien connue au sein de la noblesse, y devint monnaie courante: la caution envoyait à sa place son valet à cheval dans le lieu de détention, en général une auberge, qui offrait dès lors à l'otage gîte et repas aux frais du débiteur jusqu'à ce que celui-ci ait remboursé son dû sous la pression des coûts. Certains profiteurs en firent même profession (all. Giselesser, Giselfresser). Les autorités luttèrent dès la fin du XVe s. contre ces escroqueries. Surveillés et rémunérés, les Giselesser se changèrent en agents de recouvrement. Aux XVIIe et XVIIIe s., cette pratique disparut et l'on recourut à des fonctionnaires.

Sources et bibliographie

  • H. Rennefahrt, Grundzüge der bernischen Rechtsgeschichte, 2, 1931, 260-270
  • HRG, 1, 565-567