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Service sanitaire

Une première forme de service sanitaire est attestée dans la Confédération à partir de la guerre de Laupen (1339-1340). Il incombait généralement au capitaine de veiller à ce que l'on s'occupe des blessés et que l'on enterre les morts après une bataille. En cas d'opérations guerrières, un personnel médical accompagnait l'armée. Dès le XVIIIe s., le service sanitaire se développa en Suisse à deux niveaux: une organisation spécifique apparut dans les différents cantons (Berne édicta par exemple le premier règlement de Suisse en 1713) et les régiments au service étranger s'adaptèrent aux normes européennes. Celles-ci prévoyaient qu'en temps de paix, le chirurgien du régiment ou chirurgien-major était responsable de l'hygiène et des soins à l'hôpital du régiment et que lors des campagnes, il garantissait les soins médicaux de base.

De 1798 à 1848, la médecine de guerre fut dirigée par le commissariat central des guerres et, au niveau cantonal, par le médecin-chef de la troupe. Chaque bataillon du contingent fédéral disposait d'un chirurgien avec grade de capitaine (les compétences de ce grade ne furent conférées qu'en 1862), ainsi que de deux adjoints. Chaque division fournissait en outre un hôpital de campagne mobile (ambulance) avec du personnel. En 1847, la guerre du Sonderbund mit en évidence de graves lacunes: pour l'ensemble de l'armée fédérale (98 861 hommes), il n'y avait que 110 soldats sanitaires dans les ambulances - dont la plupart n'avaient pratiquement aucune formation - et 384 médecins et frères (aides-soignants), répartis dans les bataillons (0,5% de l'effectif global). On manquait de moyens de transport et de matériel, qui devaient être réquisitionnés. En 1870-1871, l'occupation des frontières et l'internement de l'armée Bourbaki révélèrent à nouveau de sérieuses insuffisances. Des organisations civiles durent une fois encore être mises à contribution, comme la Croix-Rouge et le Comité international de secours pour les prisonniers de guerre, créé à Bâle en 1870. L'organisation militaire de 1874 introduisit une nouvelle troupe, le service sanitaire, qui comptait 7590 hommes et représentait 3,75% de l'effectif de l'armée (202 479 hommes), tout en améliorant parallèlement la formation. L'organisation des troupes de 1912 simplifia le traitement des blessés en définissant trois étapes: premiers secours par les sanitaires de la troupe, places de pansement des compagnies sanitaires et hôpitaux de campagne (lazaret) dans les établissements sanitaires d'étape ou territoriaux. En 1918-1919, les hôpitaux de campagne ne furent cependant pas en mesure de faire face à la surcharge de travail due à la grippe espagnole.

Selon l'organisation des troupes de 1938, chaque division disposait d'une section sanitaire et chaque corps d'armée d'un hôpital de campagne, ainsi que de moyens de transport supplémentaires. S'y ajoutaient, au niveau de l'armée, deux hôpitaux de campagne, vingt-huit trains sanitaires et quatre établissements sanitaires. Une section de service sanitaire fut en outre créée pour la première fois au sein de l'état-major de l'armée. La Croix-Rouge fut séparée de l'armée en 1942. Durant la Deuxième Guerre mondiale, le nombre de patients oscilla entre 15 123 en 1940 et 1275 en 1945, ce qui représentait en moyenne 4 à 6% de l'effectif de l'armée.

Pendant la guerre froide (1945-1989), le service sanitaire travailla en étroite collaboration avec des partenaires civils. Dès 1983, conformément à une nouvelle conception en deux étapes, le blessé passait de la troupe (phase pré-hospitalière) à la base (phase hospitalière). Treize hôpitaux de régiment furent en outre créés dans les zones territoriales. Les réformes d'après 1989 respectèrent en grande partie cette structure. Le service de la Croix-Rouge fut réintégré dans l'armée. Parmi les tâches principales du service sanitaire figurent la prévention et le maintien de la santé de la troupe, l'évaluation de l'aptitude au service, les soins aux blessés et aux malades et leur transport, ainsi que la mise à disposition de matériel. La formation des sanitaires se déroule sur les places d'armes de Moudon et Airolo, et comprend un stage dans un hôpital.

Sources et bibliographie

  • C. Brunner, Die Verwundeten in den Kriegen der alten Eidgenossenschaft, 1903
  • J. Dubs, Die Feldchirurgie im schweizerischen Gefechts-Sanitätsdienst, 1939 (21941)
  • M. Winzenried, Das Militärsanitätswesen in der Schweiz von der Mediation bis zum Sonderbundskrieg, 1954
  • J. Büchi, Die Arzneiversorgung und der Sanitätsdienst der schweizerischen Truppen vom 15.-18. Jahrhundert, 1981
  • E. Dreifuss, Die Entwicklung der schweizerischen Armeesanität und Militärpharmazie, 1994